Adhérez à Inter-Séniors pour prendre un coup de jeune
« C'est important de ne pas décrocher informatiquement vis-à-vis de nos enfants et petits enfants. Sinon, en famille, on ne parle que du passé et on est vite mis sur la touche ». Jane Delachaussée, qui a fait toute sa carrière à la Chambre
d'agriculture, est une des chevilles ouvrières de l'association Inter-Séniors créée en 2009 et basée à Le Neubourg. Ici, on prend un coup de jeune

Assis à la terrasse du Champ de Bataille, Luc Demaegt (président), Annabelle Bruneau (vice-présidente) et Jane Delachaussée (une des pionnières fondatrices) ne sont pas là pour « taper le carton », mais vanter les mérites de leur association Inter-Séniors. Un club de retraités, certes, mais plutôt 2.0 dont la philosophie de départ était de ne surtout pas entrer en concurrence avec l'existant, mais apporter des services complémentaires.
250 adhérents en proximité
Créée il y a une bonne dizaine d'années, Inter-Séniors comptabilise désormais 250 adhérents en proximité de Le Neubourg. « Beaucoup d'enseignants et quelques agriculteurs. 2/3 de femmes pour 1/3 d'hommes ». Au commencement, Jane Delachaussée, toute une carrière au service de l'agriculture départementale au sein de la Chambre consulaire. A la retraite, Jane n'entend pas des voix, mais ressent l'appel du bénévolat. C'est au profit de la MSA qu'elle teste un programme d'initiation à l'informatique auprès d'un public d'ainés volontaires qui ne veut pas décrocher. Viennent très vite se greffer quelques autres activités. Une montée en puissance qui nécessite une meilleure structuration. Inter-Séniors est portée sur les fonts baptismaux.
« Nous nous donnons comme sens d'être utiles à la société et d'y faire reconnaître la place des séniors en y apportant notre contribution », s'accordent Jane, Luc et Annabelle. « Nous ne sommes pas des vieux qui jouent aux cartes, s'amuse même Jane. On a veillé à être complémentaire à ce qui se faisait en se posant la question : qu'est-ce qui se fait déjà sur le Plateau. Notre objectif, c'est d'être dans le coup et dans le temps présent ». Etre dans le coup, c'est soigner son intellect. « La faculté de percevoir des choses distinctes dans la philosophie scolastique et classique », selon le Larousse. Plus simplement, la faculté de comprendre. A ces fins, Inter-Séniors propose 2 à 3 fois/an des conférences thématiques. La dernière a porté sur le climat. La prochaine (lire ci-dessous) : « nourrir le monde aujourd'hui » avec Sylvie Brunel en guest-star. N'allez cependant pas croire que l'association, dont la doyenne affiche 96 printemps, fait dans l'élitisme. Elle est pragmatique et répond simplement aux demandes concrètes de ses adhérents. Au menu de ses activités figurent également « premiers secours : avoir les bons réflexes peut sauver une vie », « conduite sécuritaire : source de confort et de bien-être, maintien de l'indépendance et de l'autonomie, la voiture est indispensable ». Et toujours l'informatique évolutive : « les usages d'internet pour vaincre la fracture du numérique et être capable de faire face à la dématérialisation des relations administratives ». o
Débat : nourrir une humanité de plus en plus exigeante
Inter-Séniors propose, jeudi 22 juin à 16 h 30 à la salle du Haut-Phare à Le Neubourg, un débat autour du thème : « nourrir une humanité de plus en plus exigeante ». Sylvie Brunel (géographe, ancienne présidente d'Action contre la faim et professeure à Sorbonne Université) en sera le grand témoin. Riche de ses multiples expériences des crises alimentaires, elle fera part de ses convictions dans un monde où la nourriture est de plus en plus stratégique. En effet, le changement climatique, la crise Covid et la guerre en Ukraine ont remis cet enjeu dans nos assiettes, y compris françaises. Globalement, la question est de résoudre une équation à plusieurs inconnues : comment nourrir de façon saine et sûre 10 milliards d'humains tout en relevant le défi du changement climatique, en préservant la biodiversité, en contribuant à la transition énergétique alors que les ressources naturelles sont de plus en plus limitées ? Attentifs à ces attentes, les agriculteurs sont pleinement engagés dans la 3e révolution agricole. Partout se développe une agriculture de précision de plus en plus vertueuse et respectueuse de l'environnement. « Que les néoruraux comprennent que si cette campagne qui les attire et les fascine est si belle, c'est grâce aux agriculteurs qui la soignent et l'entretiennent ! Je crois beaucoup aux vertus de la rencontre, de la discussion, de l'échange... Notre agriculture est à l'image de nos terroirs : variée, multiple, toujours de qualité. Mais elle doit rester viable et nourricière, donc performante, pour se pérenniser. Sans agriculteur, un territoire meurt. Et c'est grâce à lui, à son travail, à ses compétences, que la campagne est belle et soignée, qu'elle nous enchante, mais aussi et surtout, qu'elle nous nourrit ! », déclarait dans nos colonnes en octobre 2021 l'autrice de « Pourquoi les paysans vont sauver le monde » (Harper Collins) et « Nourrir, cessons de maltraiter ceux qui nous font vivre » qu'elle dédicacera à l'issue des débats. Et d'ajouter : « quand le paysan sort son pulvé, le néorural se montre trop souvent agressif, hostile, comme s'il se préparait à polluer la campagne... C'est oublier la pression parasitaire : le paysan nous protège au quotidien de maladies dont nous avons oublié l'existence, mais qui ne demandent qu'à faire leur grand retour ! ».
Renseignements et inscriptions : 02 32 35 02 18