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BERNARD GERLACH : L'homme au 1/4 de siècle de présidence du GDS

Bernard Gerlach vient de passer la main à Agnès Marre à la tête du GDS (Groupement de Défense Sanitaire) 27. Un mandat de 25 ans pour celui qui considère que chacun doit consacrer au moins 10 % de son temps au service des autres.

La signalétique à l'entrée des élevages, un des derniers chantiers de Bernard Gerlach à la présidence du GDS 27.
La signalétique à l'entrée des élevages, un des derniers chantiers de Bernard Gerlach à la présidence du GDS 27.
© TG

« Je ne suis pas un acharné de la rubrique nécrologie, surtout de mon vivant ! » Une petite phrase pleine d'humour et un pied de nez au cancer du côlon contre lequel il s'est battu. Et d'enchainer : « je suis encore administrateur du GDS jusqu'à la prochaine assemblée générale. Après : tchao. Au bout de 25 ans, c'est pas mal. Non ? »

 

Le pied dedans en 1993

C'est en 1993 que Bernard Gerlach a mis le pied dedans, un peu par hasard. Il était alors président de la coopérative Eure Lait et participait à ce titre au CRIEL (interprofession laitière). Le président d'alors, André Perrault, cherchait un successeur. « Il est venu me voir. Je n'y connaissais rien. J'ai réfléchi et j'ai accepté. J'ai été élu vice-président. Un poste que j'ai occupé pendant 3 ans pour devenir président en 1996 ». Il était loin d'imaginer qu'il en prenait pour 1/4 de siècle.

« Mes problèmes de santé m'ont diminué ces derniers temps. J'ai fait 3 ans de trop, mais il fallait trouver quelqu'un pour me remplacer », dresse-t-il à l'heure du bilan.

Bernard va très vite faire évoluer les fondamentaux de la structure. « Le GDS n'assurait pas d'appui technique à l'époque, se souvient-il. Nous avons été les premiers en Normandie à embaucher un vétérinaire, ce qui a suscité un peu de turbulence au sein de la profession libérale ». Son leitmotiv : faire du GDS une sorte d'assurance pour les éleveurs en privilégiant le préventif. Des premiers pas difficiles, c'est l'époque de la vache folle. « J'ai beaucoup appris de 1996 à 2000 ». Un apprentissage technique, mais aussi humain en accompagnant les éleveurs à qui on venait embarquer le troupeau pour l'abattre. « Je me souviens de femmes et d'hommes qui pleuraient. D'une petite fille aussi en sanglots. Elle avait adopté un petit veau de l'élevage de ses parents. On venait lui arracher ». Une leçon de vie et autant d'expériences qui forgent un caractère et confortent Bernard dans sa volonté de professionnaliser la structure qu'il préside. Au côté du premier vétérinaire, il va muscler l'équipe administrative (encadrement et secrétaires) et technique. Il va gérer le turn-over jusqu'à jouer le directeur en cas de trou dans la raquette. Le GDS 27 aujourd'hui, c'est 8 ETP (Equivalent Temps Plein) avec du personnel partagé avec la Seine-Maritime (direction générale, vétérinaires, ingénieurs). Faut-il aller plus loin dans cette mutualisation jusqu'à imaginer un GDS grande Normandie ?

 

Du départemental dans un collectif régional

« On partage déjà beaucoup de dossiers avec le 76 pour éviter de doublonner et ne pas faire le même travail 2 fois. Nous travaillons également au sein de l'UNGDS (Union Normande des GDS) à 5 départements sur la recherche, par exemple sur le BVD ou la paratuberculose. Donc, le travail technique est déjà partagé au sein de la région, voire même au niveau de notre structure Grand Ouest. Nous n'avons plus les moyens de travailler seuls », juge-t-il. Au-delà et de par son financement par les Conseils départementaux, les GDS restent et resteront des outils départementaux. Et Bernard Gerlach de se féliciter au passage des bonnes relations qu'il a toujours entretenues avec les présidents départementaux, quel que soit leur bord politique.

Bernard Gerlach n'en a pas encore tout à fait fini avec l'agriculture et l'élevage. Tout d'abord parce qu'il ne fera valoir ses droits à la retraite que le 31 décembre prochain, à 69 ans. Ensuite, parce qu'il reste administrateur du GDS  jusqu'à la prochaine assemblée générale. Agnès Marre et son équipe peuvent donc encore compter sur ce fervent défenseur de l'élevage au sein d'un département plutôt céréalier. « Une chance pour l'Eure », plaide-t-il. Il s'inquiète cependant de la montée en puissance d'une forme de radicalisme anti-viande, voire antitout. « Ce qui me déplait, ce sont les ultras qui gueulent contre tout et qui, au final, ne font pas grand-chose ». Et d'inviter chacun à s'investir, notamment syndicalement, pour agir plutôt que subir.

Vice-président de la Chambre d'agriculture pendant 18 ans, Bernard a également mouillé sa chemise à le tête de l'EDE, de l'ARIC...

Et de conclure : « on ne retient que le meilleur et j'ai pendant toutes ces années apprécié particulièrement le contact avec les éleveurs et les élus. Je crois que j'ai aidé à faire avancer le schmilblick ». Et si demain sera consacré aux petits enfants, il lui restera quand même l'AMOMA (Association des Membres du Mérite Agricole). Son activité a été mise en stand-by ces derniers mois à cause de la crise sanitaire. Mais en crise sanitaire, il en connaît justement un rayon. Alors bons vents !

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