Congrès AGPB : " Produire plus et produire mieux ".
Les Céréaliers de France ont tenu leur assemblée générale et leur congrès, les 29 et 30 mai au Parlement européen de Strasbourg.

Profitant de la campagne électorale précédant les élections européennes du 9 juin, l'AGPB avait sélectionné 4 des 38 listes candidates pour vérifier la concordance entre ses positions avancées et les mesures proposées par les candidats.
Ce congrès a été une nouvelle occasion de réaffirmer l'objectif commun aux filières végétales, " Produire plus et produire mieux " construit sur deux enjeux stratégiques :
La nécessité d'un retour à une compétitivité du secteur céréalier, affaiblie par la perspective décroissante du Green Deal, imaginé depuis 2019 par la Commission Européenne.
La perspective d'un nouvel élargissement de l'Europe, à l'Ukraine et la Moldavie, laissant imaginer des bouleversements dans les équilibres sur les marchés européens, sur le budget agricole.
Ainsi, l'AGPB a formulé quatre grands axes de propositions à la nouvelle assemblée des parlementaires européens :
Accélérer les leviers permettant de développer la compétitivité de l'Agriculture.
Les manifestations dans 13 pays membres de l'UE ont révélé, en ce début d'année, un contexte compliqué pour tous les agriculteurs, résultant de la coïncidence de la guerre en Ukraine, d'une PAC plus verte et plus contraignante, de la modification du climat et d'une réglementation toujours plus exigeante. Ces effets combinés ont sérieusement affecté notre compétitivité, dont le seul atout est la productivité. Désormais, il est urgent de réactiver de nouveaux leviers de croissance comme la recherche variétale, les produits de bio contrôle, de relocaliser la fabrication des engrais, de développer la bioéconomie et les biocarburants, de sécuriser la production alimentaire conventionnelle et biologique, et de garantir la production énergétique à des coûts abordables pour l'Agriculture. Sans oublier la nécessaire formation de la main-d'œuvre de plus en plus difficile à trouver.
Réinterroger les propositions législatives du green deal afin de garantir les moyens de production.
Il est nécessaire de stabiliser les réglementations européennes et de cesser toute surtransposition franco française afin de garantir une équité concurrentielle entre pays voisins. En particulier, la Commission européenne doit revoir ses propositions en matière de phytosanitaires en menant plus d'études d'impacts cohérentes avec les exigences de production.
À la suite des mobilisations agricoles en Europe, la Commission Européenne a proposé un agenda de simplification qui doit être mis en œuvre dans les meilleurs délais afin d'aboutir à des mesures favorables à l'agriculture et aux agriculteurs.
Redonner à la PAC le visage d'une vraie politique stratégique européenne.
Le budget européen est déjà soumis à la tension inflationniste et si, demain, l'entrée de l'Ukraine était validée, il sera nécessaire de revoir son périmètre financier afin de maintenir le revenu des agriculteurs. La PAC doit se recentrer plus sur les enjeux de production agricoles et moins sur les normes, elle doit favoriser la multiperformance économique d'abord, environnementale et sociale ensuite.
Prendre en compte les impacts du nouveau contexte géopolitique sur le contexte sur le commerce international.
Anticipant l'issue du conflit russe ukrainien, les nations européennes doivent s'interroger sur les conséquences d'une adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne, surtout en ce qui concerne les filières céréalières exportatrices. Le monde change et les règles dans les accords commerciaux internationaux doivent permettre de valoriser la contribution des productions agricoles françaises à la stabilité mondiale. Les céréaliers français apportent des garanties de qualité et de stabilité sur les marchés internationaux, répondant aux besoins de l'alimentation humaine. Promettre un approvisionnement gratuit, comme le fait la Russie, aux pays très déficitaires d'Afrique reste une pratique déstabilisatrice des équilibres de marchés céréaliers.