D'où vient le lait du beurre ?
Juste après l'assemblée générale FNSEA du canton de Broglie, les agriculteurs sont partis en action syndicale pour contrôler les prix et les origines des produits laitiers.

CHEZ LECLERC A BERNAY
Les membres de la FNSEA 27 et JA 27 se rendent au rayon beurre chez Leclerc à Bernay. Stupeur du côté des agriculteurs, « sur certains beurres, on peut voir le logo entreprise familiale française et il est dit que c'est transformé dans des entreprises françaises. Finalement, quand on décortique l'étiquette, on remarque que ce beurre est fabriqué grâce à du lait dont l'origine est l'Union européenne. Le consommateur ne risque pas de s'y retrouver dans tout cela », explique Laurent Duclos, président de la section laitière de la FNSEA 27. Face à cette situation, les agriculteurs rencontrent Thierry Aumont, directeur général du magasin. Les agriculteurs lui demandent un rayonnage plus petit de certains produits dont l'origine du lait est l'UE. Le directeur répond qu'il n'a pas le droit, « donc vous préférez faire mourir les producteurs français », a ajouté Pierre Le Baillif. Les agriculteurs évoquent aussi un prix trop bas, non rémunérateur pour le producteur. Les producteurs demandent à Leclerc de poser une question à Lactalis : « pourquoi Lactalis n'accepte pas la hausse de 5 % de MPA* sur 2024 que les éleveurs de l'UNELL demandent ? Pourquoi seulement 1 % ? », Thierry Aumont va faire remonter cette question.
À LA SOUS-PRÉFECTURE DE BERNAY
Devant cette incompréhension, les agriculteurs décident d'aller rencontrer le sous-préfet de Bernay afin de lui expliquer la situation.
Seule la secrétaire générale adjointe de la sous-préfecture a pu les rencontrer. Le groupe est revenu sur l'origine du lait dans les beurres, mais aussi sur le ratio prairies permanentes. « Aujourd'hui, les transformateurs ne veulent plus de notre lait, ils préfèrent mettre du lait d'origine UE et nous n'avons plus le droit de retourner nos prairies, qu'allons-nous faire de nos prairies ? », a demandé Laurent Duclos.
Les agriculteurs contestent la méthode de calcul de ce ratio, les prairies parties à l'urbanisation et les prairies appartenant à des haras ou à des retraités agricoles ont-elles été incluses dans ce ratio ? « Nous demandons à l'État de nous fournir la méthode de calcul et les chiffres », a insisté Pierre Le Baillif.
Avant de quitter la table, le groupe a exprimé leur sentiment : « On a l'impression que notre agriculture est vendue ». En sortant du bâtiment de la sous-préfecture, les Jeunes Agriculteurs du pays d'Ouche ont mené une action symbolique en semant du blé sur la pelouse de la sous-préfecture.