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Festival Alimenterre à Le Neubourg : Le glyphosate et moi et moi.

La mairie du Neubourg, le Carrefour Rural et le CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) proposaient, le 17 novembre dernier dans le cadre du Festival Alimenterre, une soirée débat autour du documentaire « La Beauce, le glyphosate et moi » sorti en 2021. Plus d'une centaine de participants et à chacun sa vision.

Joël Spirou (médecin) et Vincent Debandt (conseiller agriculture biologique) étaient les deux intervenants de la soirée. Deux proAB mais à l'approche très différente : politisée et radicale pour l'un, beaucoup plus pragmatique pour l'autre.
Joël Spirou (médecin) et Vincent Debandt (conseiller agriculture biologique) étaient les deux intervenants de la soirée. Deux proAB mais à l'approche très différente : politisée et radicale pour l'un, beaucoup plus pragmatique pour l'autre.
© TG

« Personne ne veut de résidus de glyphosate dans son assiette. Mais j'habite au coeur de la Beauce et mes voisins agriculteurs ne veulent pas s'en passer : interdire le glyphosate les obligerait à le remplacer par d'autres herbicides, à consommer plus de carburant pour labourer, à voir leurs champs envahis de mauvaises herbes et leurs rendements s'effondrer. Sans compter qu'ils ne sont pas vraiment convaincus que le glyphosate soit dangereux pour la santé. Comme je les ai côtoyés pendant deux ans, ils m'ont presque convaincue. Presque ». Tel est le synopsis du documentaire réalisé par Isabelle Vayron (journaliste) sorti en 2021. On est bien loin de la tonalité d'un « Envoyé spécial » avec Elise Lucet en grande inquisitrice du monde paysan. Dans son approche journalistique, « La Beauce, le glyphosate et moi » distribue la parole à chacun sans parti pris, de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture biologique en passant par l'agriculture de conservation. Témoignent des représentants de la Fnsea et de la Confédération paysanne, en l'occurence Jean-Bernard Lozier, céréalier à Coudres-27. In fine, 52 minutes pas plus à charge qu'à décharge, au moins jusqu'à la chute... Dans sa conclusion, Isabelle Vayron penche ostensiblement vers une France sans glyphosate et l'AB. « Ceux qui sont les plus heureux sont ceux qui ont déjà arrêté le glyphosate ». Pourquoi pas mais on aurait préféré l'entendre plaider pour « un monde sans glyphosate ». Parallèlement, reconnaissons que la notion de bonheur est bien subjective. Depuis 2021, de l'eau est passée sous les ponts et l'agriculture biologique subit une crise de croissance avec une surproduction et des prix de vente rattrapés, voire doublés, par des produits agricoles sous autre signe de qualité. Peut-on être heureux si l'on n'est pas rémunéré à la juste valeur de son travail ?

 

UN DEBAT PAS AUSSI CONTRADICTOIRE

Pour prolonger la réflexion, les organisateurs avaient invité Vincent Debandt (conseiller agricole) et Joël Spirou (médecin généraliste) en tant que grands témoins. Conseiller conventionnel pendant 30 ans et désormais conseiller AB, Vincent Debandt n'a pas sombré dans l'angélisme : « il est difficile de produire en bio, il faut avoir les nerfs solides. Les rendements n'atteignent que 40 % du conventionnel. Nourrir la France en AB, ce n'est pas faisable ».

Beaucoup plus de radicalité dans les propos du Docteur Joël Spirou au discours anxiogène (trop ?) et clairement politisé (il a soutenu la candidature de Corinne Lepage à la présidentielle de 2012). « La messe est dite depuis longtemps sur la toxicité des herbicides. Tous ces produits ont un impact sur la santé. Le changement de cap est impératif ». Comment ? D'abord en descendant dans la rue puis par le bulletin de vote préconise Joël Spirou qui se définit comme médecin de l'Environnement. Certains agriculteurs présents dans la salle ont apporté leur grain de sel et poil à gratter. « Pour réussir un débat, il faut un débat », a regretté l'un d'eux considérant que l'exercice a plus tourné au monologue. Son voisin a souligné que l'on parlait d'agriculture et glyphosate sans évoquer les produits antiparasitaires que l'on épand sur nos animaux domestiques dont les enfants caressent le poil sans aucune conscience du danger. « On ne peut pas s'arrêter qu'à la corporation agricole ». On attend donc le second épisode de la saga : « mon chien, le glyphosate et moi ».

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