La FRSEA engagée pour l'emploi agricole
PHILIPPE FAUCON, président de la commission emploi à la FRSEA de Normandie.

Quelles actions menez-vous ?
Nous travaillons sur trois types d'actions : la promotion des métiers de l'agriculture pour attirer de nouveaux jeunes sur nos exploitations pour des emplois de salariés ou pour s'installer, une bourse à l'emploi professionnelle qui permet de recenser les offres et les demandes d'emploi à l'échelle de la Normandie. Enfin, nous construisons un observatoire de l'emploi agricole pour avoir la meilleure vision possible des compétences dont nous avons besoin.
Pourquoi avoir engagé ces actions ?
Nous avons proposé au Conseil régional de mener ces actions parce que, en tant qu'organisation représentative des employeurs de la production agricole, nous sommes sensibles à ces problématiques d'emploi sur les exploitations. D'ailleurs, ce sont les agriculteurs qui nous le demandent. Rien qu'en lisant ce journal, vous verrez combien citent l'organisation du travail et l'emploi d'un salarié comme un enjeu majeur pour leur exploitation.
Où en êtes-vous du programme ?
La Bourse de l'emploi est opérationnelle depuis un an. Nous avons recensé plus de 900 offres d'emploi en 2018, et effectué plus de 2000 mises en relation. 650 offres d'emploi recensées ont été pourvues. Nous avons construit des outils de promotion et nous sommes intervenus là où l'on peut interpeller des jeunes qui recherchent une formation ou une orientation professionnelle : salon de l'étudiant, foire de Caen, olympiades des métiers...Cela permet de montrer que l'agriculture offre des perspectives de métiers techniques, en plein air, au contact avec la nature. Enfin, nous sommes en cours de construction de notre observatoire. La collecte des données est lancée, mais nous avons besoin d'améliorer notre dispositif pour disposer d'informations qualitatives.
Avec qui travaillez-vous ?
Toutes ces actions sont menées avec les organisations qui ont manifesté de l'intérêt pour l'emploi agricole. Je précise que l'enveloppe du Conseil régional ne finance au maximum que 80 % du coût. Cela peut décourager des volontaires. Nous travaillons avec les Jeunes agriculteurs, les chambres d'agricultures, les CUMA, les services de remplacements, les groupements d'employeurs, les associations et syndicats de salariés et les interprofessions.
Quelles suites envisagez-vous ? Nous avons vocation à développer la bourse régionale de l'emploi agricole. Nous souhaitons aussi poursuivre, et développer encore, les actions de promotion de nos métiers. Quant à l'observatoire, il devra être utilisé pour identifier en amont les besoins en compétences et, en relation avec les centres de formation, créer les modules de formation complémentaires dont les exploitations agricoles ont besoin et auront besoin dans l'avenir.