À La-Haye-Malherbe : le coup de pouce financier du Département.
Aménagement de la stabulation, détecteur de vêlage, barrière de contention pour césarienne, matériels de fenaison... À la SCEA Miserey M.G ML, les aides du Département aux petits investissements agricoles constituent un outil d'aide à la décision de s'équiper.


Si l'agriculture n'est pas de son ressort, le Département de l'Eure mène cependant une politique de soutien aux petits investissements agricoles. Depuis novembre 2017, le Conseil départemental peut aider les agriculteurs à hauteur de 40 % pour des investissements de moins de 10 000 € HT, en complément des interventions économiques de la Région. Lundi 22 avril, son président Alexandre Rassaërt a visité un élevage atypique (un troupeau de vaches allaitantes en race Normande) pour jauger le bien-fondé du dispositif.
simplicité du dispositif
Mehdi Miserey est un habitué de la mécanique qu'il qualifie "d'outil d'aide à la décision" en saluant "la simplicité du dispositif qui permet une instruction rapide du dossier". Détecteur de vêlage, barrière de contention pour césarienne (20 % dans son élevage), matériels de fenaison, et désormais aménagement de la stabulation, il en est à son 4e investissement aidé par le Département. Quelques critères d'éligibilité selon 3 axes pour en bénéficier cependant : développement des circuits courts et de la vente directe (aménagement de bâtiment, d'espace de vente, matériel de stockage, de conditionnement, de transformation, de commercialisation, matériel de protection des cultures arboricoles et maraîchage dont les débouchés sont en circuits courts), garantie de l'état sanitaire des cheptels (réduction des risques professionnels : petit matériel pour sanitaire animal, de surveillance, de contention des animaux) et plantation de parcelle en agroforesterie (matériel végétal pour la plantation de haies bocagères et de systèmes agroforestiers, travaux de plantation, matériels d'entretien des haies). "La priorité est donnée aux projets portés par des exploitations s'inscrivant dans une démarche de transition écologique et/ou commercialisant en circuits courts", insiste Alexandre Rassaërt. "Je n'ai essuyé aucun refus", rebondit Mehdi Miserey et pour cause, la SCEA coche les bonnes cases. Sur cette exploitation de 32 ha 95, tout en herbe et en 23 îlots, on élève une vingtaine de vaches Normandes mais en système allaitant. Des vaches de forme avec la présence du gène culard pour des veaux pesants de 50 à 70 kg à la naissance. Ce qui explique un taux de césarienne de 20 % et un équipement dédié, pour des questions de sécurité et de bien-être animal et humain, à l'opération. Les élèves sont ensuite commercialisés broutard (entre 8 et 10 mois) et sont valorisés via une filière qualité façon bœuf de Kobé. En finition, ils ont droit à 40 litres de cidre, bénéficient de massage tout en écoutant de la grande musique "pour obtenir un gras persillé".
À La-Haye-Malherbe, les Normandes cohabitent avec quelques Percherons, autre ADN des lieux. Mais comme ici on ne fait rien comme les autres, le cheval peut être attelé à un corbillard pour un enterrement de première classe. Mais ça, c'est une autre histoire.