Second comité plénier eurois de prévention du mal-être agricole
Le second comité plénier présidé par Simon Babre, préfet de l’Eure, a permis de faire un premier point d’étape sur la mise en œuvre des cinq orientations départementales

Les professionnels agricoles sont parfois durement touchés par les aléas de leur vie professionnelle, des problèmes économiques, sanitaires qui peuvent être très pesants pour eux, mais aussi pour leur entourage, et leurs salariés.
L’ensemble des organisations professionnelles peuvent contribuer à ce repérage de situations difficiles pour une meilleure prise en charge. Aujourd’hui avec le travail des groupes techniques initiés par la feuille de route nationale, c’est un ensemble d’actions qui sont proposées pour identifier et avoir le meilleur accompagnement possible.
Un premier groupe a d’ailleurs travaillé sur un panel d’indicateurs pour suivre la pertinence des actions menées, en choisissant des indicateurs pour la visibilité des dispositifs, la prévention du suicide, la détection par des tiers et le déploiement du réseau « sentinelles », le suivi des personnes fragilisées et la valorisation et la reconnaissance du métier d’agriculteur.
Une plus grande visibilité des dispositifs existants
Sur la visibilité des dispositifs, il a été noté leur méconnaissance des exploitants, des salariés et des acteurs du terrain. Les sources du mal-être sont multifactorielles, économiques, sociales, professionnelles, ou familiales. En s’interrogeant sur les différentes pistes de travail, quelles cibles faut-il viser, quel type de communication ? Il y a un projet d’affiches en cours, en lien avec la Seine-Maritime. Ces affiches seront distribuées dans les établissements scolaires, dans les cabinets médicaux, dans les mairies, etc.
Il a été aussi étudié une fiche dite reflexe pour tout professionnel qui est en contact avec une personne vulnérable. Le but est d’orienter cette information vers le service adéquat, ce sont des fiches types de « signalement » de la MSA réadaptée ici. En projet, il s’agit d’actions auprès des élèves, des futures générations d’agriculteurs pour les sensibiliser au métier d’agriculteur.
Le déploiement du réseau sentinelle
La feuille de route nationale prévoit le déploiement de 5 000 sentinelles sur le territoire, 50 sentinelles dans l’Eure. La MSA est le chef de file de ce déploiement avec l’ARS et l’ensemble des acteurs terrain concernés. Une sentinelle, c’est une personne à l’écoute, sensibilisée au soutien et avec une capacité d’appui d’une personne en situation de mal-être. Après une formation, la sentinelle échangera régulièrement au sein d’un réseau de sentinelles. Son rôle est de repérer le plus précocement possible et d’orienter la personne vers le service le plus approprié.
La MSA coordonne le déploiement de ce réseau, avec la mise en place d’une première formation en mars dernier et d’une seconde formation courant juin, qui portera ainsi à 20 sentinelles formées. Il sera privilégié un maillage territorial par EPCI. Pour communiquer et sensibiliser sur le dispositif, un flyer a été élaboré par le Comité technique et une adresse mail a été créée pour recueillir tout signalement.
Outil de signalement de situations de mal-être
Une adresse mail créée par la MSA à diffuser : situationmaletre@hautenormandie.msa.fr
Tout signalement reçu sera traité en urgence par le service social de la MSA.
D’autres actions de sensibilisation au mal-être auprès de professionnels du monde agricole, mais aussi des jeunes ont été mises en place. Huit sessions de formation : « Savoir réagir face à un agriculteur en souffrance » ont été proposées entre 2020 et 2022 sur la région Normandie. 66 personnes ont participé, principalement des professionnels intervenant auprès d’exploitants agricoles plus particulièrement en élevages. Cette action de formation permet d’acquérir des premières bases théoriques pour faire face à des situations de détresse et connaitre ainsi les relais présents sur le territoire.
Mais c’est aussi auprès des jeunes dans les écoles, que d’autres actions de sensibilisation au mal-être sont envisagées. Il peut être mis en place une journée dédiée à la thématique en l’intégrant à un thème plus large par exemple une semaine sur la transmission.
C’est donc tout un panel d’actions qui se concrétisent pour accompagner au mieux les agriculteurs, leur entourage, les salariés…
Le comité a conclu ses travaux par la présentation d’une vidéo d’un jeune couple installé en viticulture. D’autres vidéos seront proposées pour communiquer positivement sur le métier d’agriculteur.