« Valoriser les qualités de la race »
Le syndicat limousin de Haute-Normandie étoffe l’offre à ses adhérents et entend affirmer les qualités de la race lors des comices régionaux de 2019.

Pour leur assemblée générale, les membres du syndicat limousin de Haute Normandie s’étaient donnés rendez-vous au château de Bonnemare à Radepont. Le lieu, propriété de M. Vandecandelaere, membre fondateur du syndicat est atypique pour un tel rendez-vous. Ses murs chargés d’histoire possèdent cette magie qui dépayse, propice aux retrouvailles et aux échanges. Pour les éleveurs, l’actualité reste marquée par les campagnes de dénigrement de la viande. « Nous devons revenir aux fondamentaux de la race en valorisant ses qualités » a ainsi plaidé Anthony Grisel, président du syndicat. Pour l’éleveur de Boos (76), il faut « promouvoir la race limousine auprès du grand public et leur expliquer notre façon de travailler » Le président a ainsi invité ses adhérents à exposer leurs animaux aux deux temps forts régionaux de l’année : le Forum des races à viande de Forges (8 avril 2019) et le comice des Andelys (Champs en fête à Bouafles, les 22-23 juin 2019). Les deux manifestations accueillent chacune autour de 5000 visiteurs. « Si vous avez des reproducteurs à vendre c’est à Forges qu’il faut être » a-t-il rappelé.
OFFRE GÉNÉTIQUE
Anthony Grisel est également revenu sur la nouvelle offre génétique proposée par le syndicat : achat de doses en commun et incitation à l’achat de reproducteurs inscrits. Pour l’achat d’un taureau inscrit au Herd-book en France, le syndicat offre un chèque de 75 euros à ses adhérents. Pour l’achat d’un animal inscrit Herd-book dans l’Eure ou la Seine-Maritime, cette aide passe à 150 euros. « Cela permet de payer les actes sanitaires sur le taureau, ce qui n’est pas négligeable » notait M. Grisel. Rémi Carpentier, président de l’association Normandie Maine, a fait le point sur la filière Blason Prestige – Label rouge, notant un grand nombre de bêtes proposées, une liste d’attente qui s’allonge à 2 mois et un cahier des charges qui se durcit. Plus problématique, la mise en place d’une limite de poids de carcasse à 470 kg a alimenté un débat entre éleveurs et vendeurs de viande. « Les carcasses deviennent de plus en plus lourdes. Quand on est dans les R et qu’on a une bête de plus de 500 kg, les bêtes ne sont pas valorisables » a déploré Rémi Carpentier, pointant la baisse du pouvoir d’achat.« L’artisan boucher veut des carcasses qui fassent 400-430 kg. Il peut ainsi proposer un bifteck pour deux personnes à un prix accessible »a expliqué Didier Carpentier, de la Socopa du Neubourg. Le professionnel a également pointé la baisse de la consommation de viande rouge. « Un boucher qui faisait une demi-bête tous les 8 jours, aujourd’hui, il la passe en 10 jours ». Pour le professionnel,« la meilleure limousine est aujourd’hui une bête courte qui a du dos. Elle peut être classée en R+ ou en U, elle sera bonne ». Devant des éleveurs qui voient leur nombre rétrécir, des prairies labourées et des bâtiments vides, le professionnel de la viande les a enjoint à « continuer à faire des bêtes de qualité », rappelant que la race limousine était idéale pour répondre à l’exigence qualitative des clients.