Fabien Baudouin, éleveur connecté, fier de participer au concours.
La seconde édition du comice d'Épaignes approche à grands pas. Le rendez-vous aura lieu samedi 7 mai. Parmi les animations proposées, le concours de races fera office de temps fort de la journée. Fabien Baudouin, éleveur laitier, y participera. Rencontre.
A Bois-Hellain, petite commune d'environ 230 habitants dans l'Eure, située à la bordure du Calvados, on ne peut louper la ferme de Fabien Baudouin. Il faut dire que l'exploitation fait face à l'église, en plein centre du bourg. Tandis que quelques oies se dandinent sous le soleil et qu'un mouton pâture tranquillement, l'agriculteur de 44 ans s'affaire en coulisse.
UNE FERME QUI EVOLUE
Fabien Baudouin s'épanouit dans son métier, auprès de ses vaches de race Prim'Holstein, pour lesquelles il trouve « plus de qualités de production et dans le comportement » que les Normandes. C'est en 2003, après l'obtention d'un brevet de technicien agricole (en 1996) au lycée professionnel agricole Gilbert Martin du Neubourg, qu'il s'installe en Gaec avec son père et sa mère, sur l'exploitation familiale de 140 ha (lesquels sont dispersés sur plusieurs parcelles dans un périmètre d'une dizaine de kilomètres) : « une évidence ». Tout de suite, il a la volonté d'agrandir le troupeau, notamment avec quelques vaches allaitantes Blanc bleu belge. Avec seulement une trentaine de Prim'Holstein à l'époque de ses grands-parents, Fabien Baudouin compte désormais un troupeau de 70 vaches laitières. « Je n'ai pas eu à me poser la question de la race. Chez nous, ce sont des Prim'Holstein depuis toujours », confie-t-il. Ces dernières produisent en moyenne 700 000 litres de lait par an, ce qui représente l'équivalent en consommation de produits laitiers (lait, yaourts, crèmes, etc.) de 1 800 personnes en 2021, d'après Lactalis avec qui il travaille. « Je ne m'attendais pas à autant », avoue-t-il avec fierté. Sur les 140 ha, 40 ha sont en prairie, tandis que le reste est cultivé pour les intercultures et pour apporter de l'autonomie fourragère au troupeau avec 50 ha de blé, 17 ha de maïs, 13 ha d'orge, 10 ha de colza, 10 ha de lin, mais aussi 1 ha d'endives de pleine terre - une nouvelle production, qu'il récolte depuis peu. « L'autonomie alimentaire, c'est compliqué et c'est un vrai casse-tête ; d'autant plus par les temps qui courent », reconnaît-il.
AGRICULTEUR CONNECTE
Partant du constat qu'à « vouloir être trop partout, on n'est nulle part » et friand de nouvelles technologies, Fabien Baudouin s'est emparé au fil du temps d'outils 2.0 tels qu'une station météorologique connectée, mais aussi de l'attirail proposé par Lely : robot de traite, robot d'alimentation, mais aussi barrière automatique. « Elle ne s'ouvre que si elle juge que la vache peut pâturer. » Bref, une vraie ferme connectée et dans l'ère du temps. Depuis l'installation du robot, Fabien estime « gagner environ deux heures par jour », ce qui lui permet de plus « anticiper », et de faire de l'insémination en parallèle. « Ça nous scotche ! Les niveaux de suivi de l'application du robot sont très pointus. Et l'animal s'y est plutôt bien fait. Il y a moins de manipulation et c'est plus précis dans l'alimentation », explique-t-il. Si son père est désormais à la retraite, Fabien peut toujours compter sur ses parents pour lui donner un coup de main et sur Julian, son salarié à temps plein. Il aime particulièrement « échanger » au sein de groupes locaux (les groupes Ceta Evreucin, plaine et lait) et projette l'installation d'une nurserie d'ici le mois de juillet, au plus près du bâtiment d'élevage.
RENDEZ-VOUS CE WEEK-END
C'est avec un enthousiasme non dissimulé, que Fabien Baudouin et ses deux fils, âgés de treize et dix ans, s'apprêtent à concourir au prochain comice d'Épaignes, le samedi 7 mai. « C'est une fierté pour nous », reconnaît-il. L'éleveur, qui avait déjà participé à la première édition de l'évènement en 2018, présentera cette fois-ci quatre vaches (deux Prim'Holstein et deux Blanc bleu belge). « Les organisateurs se donnent les moyens. Il y a une bonne ambiance. C'est l'occasion de communiquer positivement sur notre métier (...) Victor et Martin, mes enfants, sont au taquet. On va y passer la journée », exalte-t-il avec le sourire. Outre la bonne humeur, il ne reste plus qu'à espérer que la météo sera elle aussi au rendez-vous