La biodiversité agricole normande, une richesse à préserver.
L’agence Normande de la biodiversité (et du développement durable) a pour ambition de contribuer à la préservation et mise en valeur de la biodiversité normande. Pour cela, elle mobilise et appuie de nombreux acteurs régionaux
(collectivités, entreprises, gestionnaires d’espaces naturels, etc) notamment en diffusant et en valorisant la connaissance sur la biodiversité normande.

L’ANBDD a en effet pour objectif d’encourager la transmission et la diffusion des observations naturalistes et la mise en avant des pratiques favorables à la biodiversité, en partenariat avec les réseaux ENI et OAB portés par la chambre régionale d’agriculture de Normandie.
LA NORMANDIE, TERRE D’AGRICULTURE
Avec plus de 80 % de son territoire concerné par des activités agricoles, la Normandie est la seconde région française qui, rapporté à sa superficie, possède la plus grande surface agricole ; bien au-dessus de la moyenne nationale de 59 %. Elle est également la première région française en termes de surface de prairies. L’agriculture a donc façonné l’identité normande en contribuant à l’identité paysagère forte de notre région (prairie, bocage, élevage, culture du lin, etc...). Le maintien de milieux ouverts (prairies ou cultures) permet à de nombreuses espèces de plantes, d’insectes, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens ou encore de reptiles de se développer au sein des parcelles agricoles lorsqu’ils trouvent un environnement sain où effectuer l’ensemble de leur cycle biologique (se nourrir, se reproduire et s’abriter).
DES OISEAUX TYPIQUES DES MILIEUX AGRICOLES
En Normandie, 396 espèces d’oiseaux ont été observées au cours des 50 dernières années, ce qui représente trois-quart des espèces d’oiseaux présentes en France !
Parmi toutes ces espèces, certaines ne se retrouvent que dans certains grands milieux naturels tels que les milieux forestiers, humides, urbains, les landes et broussailles. C’est également le cas pour les milieux agricoles qui hébergent des espèces spécifiques des milieux ouverts.
Les espèces typiques des prairies et des cultures trouvent dans ces milieux les éléments nécessaires à leur développement. Elles partagent notamment la caractéristique commune de nicher à même le sol parmi la végétation (herbes hautes, céréales…). Il s’agit, par exemple, du bruant proyer, de la caille des blés, du busard Saint-Martin ou de la très connue alouette des champs, dont le vol et le chant donnent vie à un grand nombre de parcelles agricoles au printemps.
Ces espèces, de par leur régime alimentaire (insectivores voire carnivore pour les rapaces) ont des rôles écologiques très importants dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes. Elles constituent d’ailleurs très souvent de bons alliés contre les ravageurs agricoles.
LES HIRONDELLES... NE FONT PLUS LE PRINTEMPS
En Normandie, il a été constaté que la date d’arrivée des premières hirondelles au printemps est de plus en plus précoce. Lorsqu’on prend en compte les trois espèces d’hirondelles présentes en Normandie et le martin et noir, la date d’arrivée de ces grands migrateurs dans notre région a lieu 18 jours plus tôt, en moyenne, qu’il ya 50 ans !
Il est désormais fréquent d’observer les premières hirondelles dès le début du mois de mars alors que ces dernières ne survolaient notre région qu’à partir de la fin mars/début avril dans les années 1970.
HIRONDELLE RUSTIQUE CHERCHE ÉTABLE POUR NICHER !
Egalement appelée « hirondelle de cheminée », l’hirondelle rustique est très souvent associée aux milieux agricoles. Cette espèce affectionne les étables et les dépendances agricoles dans lesquelles elle construit son nid. Elle est donc très fréquemment observée dans les exploitations où son arrivée est encore associée à l’arrivée des beaux jours. Or, elles arrivent en Normandie environ 27 jours plus tôt qu’ily a 50 ans.