Aller au contenu principal

Les vaches laitières dans les bâtiments même l’été

Conçus pour l’hiver, les bâtiments d’élevage le sont de plus en plus pour l’été. Les vaches laitières passent davantage de temps à l’intérieur avec le réchauffement climatique

© DR:

Lors des pics de chaleur, il est recommandé de mettre les vaches laitières à l’abri. Météo France, qui a travaillé avec l’Institut de l’élevage sur le sujet, annonce que le phénomène de réchauffement climatique va s’accentuer à la fin du siècle. A cela s’ajoutent d’autres facteurs. Les troupeaux s’agrandissent, produisant eux aussi de plus en plus de chaleur à l’intérieur du bâtiment. Des travaux financés par le Cniel (interprofession laitière) portent sur la ventilation estivale et des solutions techniques ont été testées grandeur nature. A 22°C, une vache laitière est dans sa zone de confort. A partir de 25°C, elle doit s’adapter, entre 30°C et 35°C, elle est déjà dans une situation de souffrance, à plus de 42°C, elle peut mourir. Et quand une vache souffre de la chaleur, sa production laitière baisse (de -1 à -4 kg), de même que les taux de protéines et des matières grasses du lait. On peut craindre, en raison du stress, une augmentation du taux de cellules et une baisse des performances de reproduction. Une vache qui a trop chaud peut présenter des oestrus silencieux ainsi qu’une baisse des taux de fertilité et de fécondité. Enfin, une vache qui a chaud, mange moins et boit plus.

 

MIEUX VENTILER LES BÂTIMENTS

Pour le confort de leurs animaux mais aussi de meilleures conditions de travail pour eux-mêmes et pour assurer la rentabilité de leur élevage, de plus en plus d’éleveurs se demandent comment mieux ventiler leurs bâtiments pour faire baisser la température en été. Evidemment, il est plus facile avec des bâtiments neufs de prévoir le coup et d’intégrer cette nouvelle donne climatique. Ainsi, en Loire Atlantique, des mesures faites dans un bâtiment très ouvert de type parasol, sans bardage, montrent l’intérêt de ce type de construction sur la façade atlantique – éventuellement avec des filets brise-vent sur les longs pans en fonction des conditions climatiques locales. Dans tous les cas, pour Jacques Capdeville de l’Institut de l’élevage : « l’idée est de supprimer les bardages fixes et d’adopter des solutions modulables sur les longs pans pour faire face à toute évolution du climat ».

Début 2018, l’Institut de l’élevage a conduit une étude, financée par le Cniel, pour apporter de premiers éléments de réponse. Elle a permis de mesurer les impacts d’un été particulièrement chaud dans neuf exploitations laitières réparties sur le territoire français. Des améliorations simples ont ensuite été testées au cours de l’été 2019. Pour mesurer les impacts, les chercheurs ont utilisé le « score de halètement ». Avec une notation de 0 à 5, c’est un indicateur de l’état de stress des vaches. Un autre critère appelé HLI permet d’objectiver finement le ressenti des animaux, il tient compte de la température globe noir, l’humidité relative et la vitesse du vent. Il a été utilisé pour cartographier le confort thermique dans les bâtiments d’élevage enquêtés. Dans un bâtiment quadrillé de 2m en 2m, on mesure la température, l’hygrométrie, la vitesse de l’air et le rayonnement. La température globe noir mesure les effets du rayonnement solaire, mesure quasi inconnue en France mais très utilisée en Nouvelle Zélande ou en Australie. Grâce à une méthode mise au point par l'Institut de l'élevage, on aboutit à une image en couleur qui traduit les différences de stress au sein d’un même bâtiment. Celle-ci permet notamment de prédire le niveau de stress les jours les plus chauds de l’été et de comparer des bâtiments entre eux. C’est un bon élément pédagogique intéressant pour les éleveurs et leurs conseillers, qui peuvent fournir des cartes bioclimatiques des élevages. Pour les bâtiments existants, améliorer la ventilation naturelle du bâtiment peut apporter beaucoup en limitant les dépenses. Si cela ne suffit pas ou si l’on est dans des zones plus continentales, les solutions de ventilation mécanique peuvent être envisagées. En bâtiments anciens, l’enjeu est de transformer des pans fixes en bardages modulables. Par exemple, des volets qui peuvent s’ouvrir. Si l’éleveur le souhaite, il peut faire les travaux lui-même en conservant les matériaux initiaux pour préserver l’aspect du bâtiment sans être obligé d’avoir recours à des filets brise-vent.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Taille des haies : les agriculteurs de l’Eure obtiennent une dérogation départementale

Les représentants de la FNSEA 27 et des Jeunes Agriculteurs de l’Eure ont adressé une demande au préfet afin d’obtenir une…

Alexandre Rassaërt, président du Conseil départemental, lors de la Session plénière du vendredi 14 mars.
Dans l'Eure, les frais de notaire n'augmenteront pas en 2025.
Le Conseil départemental de l'Eure a voté vendredi dernier son budget 2025. Un budget marqué par une augmentation des dépenses…
Benjamin Benard (Néolait) et Stéphane Michel (SCS Hoste) au Gaec du lieu Mathieu à St-Philibert-des-Champs (14) : un service ++ et une collaboration efficace au service de la protection des cultures.
Grâce au PAT 04-12 : haro aux sangliers dans les maïs.
Ne vous contentez plus de sortir le cochon du maïs, empêchez-le de rentrer. Pour la première année en Normandie, l'entreprise SCS…
Cette décision du ministre va mettre à l'arrêt pour 10 à 15 mois les projets de 100 à 500 kWc. 
Diminution des soutiens au photovoltaïque sur toitures : la FNSEA dit non !
Il s'est installé deux fois plus de panneaux que prévu sur les toits en 2024 ! Victime de son succès, le tarif de rachat…
80 ans au service de l’information agricole.

Jeudi dernier, sous la baguette de Régis Chopin (gérant et directeur de la publication depuis 2023) l’Eure Agricole et Rurale…

Pierre et Isabelle Lerouge ont installé un robot de traite double box "Gemini Up", de la marque Boumatic, il y a trois mois. Il leur permet de traire leurs 80 vaches.
Gemini Up trait pour les Lerouge
Mercredi 12 mars, Technitraite Froid, concessionnaire de matériel agricole et d'élevage en Normandie, a organisé une journée…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole